• Aïe

    Enriqueta propose le thème suivant pour les Croqueurs de mots : C’est un vêtement que vous aimez, que vous continuez à porter malgré le temps qui passe, ou que vous avez gardé bien que vous ne le portiez plus, ou que vous avez perdu et qui vous manque cruellement. N'ayant pas particulièrement ce type de vêtement, j'ai ressorti de mon placard un texte de 2008 qui prend le contre-pied, bref, un vêtement que j'ai détesté.

    Pour mon entrée en sixième, ma mère m'avait choisi dans le catalogue du "Mulet Rouge" un ensemble manteau et bonnet marron glacé avec parements de fourrure (fausse bien sûr).

    Moi, j'aurais préféré le vert bronze, mais j'ai eu le droit aux "le marron c'est moins salissant" "le marron c'est indémodable" comme si à onze ans je n'allais pas grandir encore.

    Bref, je me retrouvais au début de l'hiver, dans la cour de récréation, engoncée dans mon superbe manteau dans lequel je me sentais d'autant plus mal à l'aise que d'une part il faisait trop "classe", trop "endimanché" au milieu des anoraks et autres blousons de mes condisciples.

    Et en plus, cerise sur le gâteau si je puis dire, je n'avais pas pu y couper il avait fallu que je mette le bonnet.

    Or, j’étais une fille obéissante.

    Or, le bonnet avait un pompon !

    Or, pour la première fois de ma vie j'étais dans une école mixte (je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans (et même de 30), enfin vous connaissez la chanson).

    Or, le propre d'une école (enfin d'un collège) mixte c'est qu'il y a des garçons !

    Or, les garçons c'est lourd et ça ne recule devant aucune mauvaise blague !

    Or, donc me voici pauvre esseulée au milieu d'une meute de jeunes futurs acnéiques en train d'essayer de rattraper mon pauvre bonnet qui s'envole au-dessus de ma tête pour passer de main en main.

    Or, in petto, je maudis ma mère pour m'avoir imposé cette fichue tenue !

    Et, enfin je récupère mon bonnet d'un côté, mon pompon de l'autre parce que bien sûr ces foutus jeunes rouleurs de mécaniques n'avaient rien trouvé de mieux que d'arracher le pompon sus-cité.

    Ma mère maugréant a recousu le pompon et en dépit de mes protestations et de mes supplications m'a renvoyée au collège avec la même tenue.

    Et devinez !

    Ben, oui ce qui devait arriver, arriva à nouveau.

    Les garçons avaient trouvé une tête de turc et un nouveau jeu super drôle, "piquer le bonnet de l'autre tartignole"

    Et je revins à la maison, non pas une, mais plusieurs fois avec le moral dans les chaussettes (parce qu'à l'époque à 11 ans les filles portaient encore des chaussettes, se reporter ci-dessus à la phrase -je parle d'un temps, etc-) et mon pompon dans la main.

    Or donc la diplomatie ayant échoué et ayant une mère qui est du genre "aux grands maux, les grands remèdes", je repartis le lendemain avec mon manteau (que je commençais à détester grave) sur le dos et mon bonnet (que je haïssais carrément) sur la tête.

    Seulement, ma mère avait concocté une petite surprise pour les mauvais plaisants.

    Comme d'habitude je me retrouvais au milieu de l'arène.

    Les fauves étaient lâchés.

    Au milieu des rires, un moutard ricanant s'empara à pleine main de mon bonnet par le pompon.

    Et là, il tomba sur la surprise maternelle, hurla en se tenant la main et lâcha mon bonnet au milieu de la consternation générale.

    Le pompon, qui était une boule de fourrure compacte, avait été copieusement garni d'épingles !

    Bref j'avais sur la tête une bombe à retardement.

    Ces grands flandrins sans aucune vergogne allèrent se plaindre au directeur, je dus expliquer les mauvaises plaisanteries dont j'étais victime depuis un moment et la parade inventée par ma mère.

    Nous fûmes renvoyés dans nos buts par un directeur qui n'en avait pas grand chose à faire (c'était comme ça en 68/69 interdit d'interdire).

    En tout cas, j'eus ensuite une paix royale du côté du bonnet, mais une vie sociale assez médiocre, ce qui peut se comprendre.

    Dieu merci, je grandis et l'année suivante ma mère n'insista pas pour m'habiller à nouveau comme une petite fille modèle, je rentrais dans le rang avec un anorak tout-à-fait standard et très franchement je ne sais plus ce que sont devenus manteau et bonnet, d’ailleurs cela ne m’a jamais empêchée de dormir !

     

    Si l'un de mes persécuteurs se reconnaît ici, je refuse de payer des dommages et intérêts pour les éventuelles séquelles dues aux piqures d'épingle


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  • Commentaires

    1
    Lundi 12 Janvier 2015 à 10:04

    oh dis donc, cela ne m'étonne pas que tu te souviennes si bien de ton entrée au collège !!!

    2
    Lundi 12 Janvier 2015 à 12:21

    Bonjour Martine... Ah les mères !! J'en ai eu une couturière et mes affaires au début étaient trop grandes car conçues pour quelques années d'utilité... j'ai détesté le mot couture.... !!!  Merci, jill

    3
    PATSY
    Lundi 12 Janvier 2015 à 13:54
    PATSY

    MDR, bonjour les souvenirs, genoux bleus de froid (pas de collants si pas -0°), la blouse obligatoire avec le nom brodé, la première mixicité. En tout cas j'ai jamais aimé les vêtements de la jument bleue... Bravo pour le coup des aiguilles mais un peu têtue ta môman quand même !!! 

    4
    Lundi 12 Janvier 2015 à 14:08

    @ Mima : Ca fait effectivement partie des souvenirs qu'on aimerait bien oublier !!!

    @ Jill : Etant fille unique, j'ai déjà échappé aux vêtements de la grande soeur, c'est déjà ça !

    @ Patsy : La blouse en primaire uniquement ! Quand à ma chère mère, têtue est un doux euphémisme, d'ailleurs en ce moment j'ai l'impression de côtoyer (avec beaucoup de modération pour moi) une ado, c'est fatigant !

    5
    Mardi 13 Janvier 2015 à 08:12

    Aïe, , comme tu le dis si bien. Il est des souvenirs cuisants, et je crois qu'on en a tous, comme ça. J'ai en mémoire un horrible manteau en velours beigeasse, sans forme....................

    6
    Mardi 13 Janvier 2015 à 18:27

    c'est un billet amusant ... qui me rappelle aussi mes bonnets ... 

    bonne soirée

    7
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 10:36

    Ouh! Là! Là! Que de souvenirs tu me rappelle! Car j'ai vécu à peu près les même choses en primaire et collège. Ce n'est qu'au lycée que j'ai réussi à gagner un peu de liberté vestimentaire face à ma dictatrice de mère. winktongue Et oui, j'étais sage et obéissante...J'ai bien changé depuis! yes Merci pour ta participation qui me touche particulièrement. 

    8
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 15:12

    @ Croc et Enriqueta : En bref nous étions des "fashion victimes maternelle". Et si ma mère est toujours une dictatrice en ce qui me concerne j'ai aussi pris beaucoup de recul !

    @ Durgalola : Les bonnets et les cagoules ont mis nos nerfs à rude épreuve, maintenant j'adore porter des chapeaux (mais bon, hein, c'est moi qui choisi)

    9
    Lundi 19 Janvier 2015 à 16:48

    mdr !!!! ah les mères et les mœurs de ces époques-là. J'ai un peu plus de bouteille et la 6ème pour moi c'était en 1961-62.

    et pour le latin seulement, c'était les garçons de ma section qui venait au collège des filles. 9 garçons dans une cour de 200 filles, sans compter les classes primaires, ça ne devait pas être simple pour eux !!!

    10
    Jeudi 22 Janvier 2015 à 18:32

    C'est sûr que nous sommes, enfin je l'espère, des mères un peu moins psycho-rigides. Dur, dur pour ces jeunes gens !

    11
    Dimanche 25 Janvier 2015 à 17:07

    Ah j'ai bien ri...

    Car moi aussi j'ai connu quelques désagréments à l'école avec un bonnet à pompon...

     

    12
    Dimanche 25 Janvier 2015 à 17:31

    Bon, remarque à côté du harcèlement que certains élèves subissent maintenant via les réseaux sociaux, nos petits bobos étaient plutôt gentillets !

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