• Asphodèle reprend ses plumes et nous la nôtre avec les mots suivants et une contrainte complémentaire.

    Prise au piège

    Abeille, arabesque, ambre, arpenter, automobile, abricot, actif, azimuté, s’agenouiller, anamorphose, aimer, accroche-coeur, ajouter, affirmativement, approximatif, alléchant, ambiance, ahuri, agir, abreuver.

    Et il vous faudra insérer dans votre texte, à l’endroit qui vous conviendra cette petite phrase : «La soif ne la (le) (me)* quittait plus Vous ajusterez en fonction que vous écrivez à la première personne ou à la troisième…

    L'abeille traçait des arabesques au cœur du morceau d'ambre, la soif ne la quittait plus depuis qu'elle arpentait les dédales de ce terrifiant labyrinthe dans lequel elle s'était perdue après avoir évité l'ancêtre de l'automobile, à savoir un tyrannosaure qui avait tenté de la transformer en purée abricot-chocolat. Elle, si active habituellement, se sentait complètement azimutée. Elle aurait été prête à s'agenouiller et à loucher de toutes les facettes de ses yeux devant une anamorphose (qui n'existait pas encore) représentant une goutte de nectar, ah ce qu'elle pouvait aimer ça ou mieux encore le miellat.

    Bien des années plus tard, une jeune fille à l'accrocheur-coeur aguicheur contemplait l'étonnant bijou qu'un charmant jeune homme venait de lui offrir après qu'elle ait répondu affirmativement à une certaine question concernant un avenir approximatif mais, elle l'espérait, alléchant.

    Ce bijou dégageait une étrange ambiance, peut-être était-ce du à l'insecte pris au piège, mais elle se sentait entraînée, à la limite ahurie, par le pouvoir d'attraction de cette oléorésine fossile. Ses mains entrèrent en action et agirent sans son accord. Elles cassèrent le bijou en deux et une abeille folle de joie s'en échappa pour aller s'abreuver à la première fleur venue.

    Prise au piège


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  • Asphodèle nous invite à vagabonder avec les mots suivants :

    Flânerie, pacager, liberté, baguenauder, circonstance, enthousiasme, prisonnier, errance, prairie, libellule, céleste, nuage, délire, rencontre, bohème, paria, alouette, gironde, évanescent, agripper.

    C'était au cours d'une flânerie, je regardais les troupeaux pacager en toute liberté. Il était bien agréable de se baguenauder ainsi de-ci, de-là au gré des circonstances. Je le faisais avec enthousiasme, il n'était pas question de garder prisonnière mon envie d'errance. Je traversai une belle prairie d'un vert éclatant lorsqu'une libellule me frôla. J'enfourchai l'insecte céleste pour une promenade au milieu des nuages. En fait, peut-être étais-je simplement endormie dans l'herbe, laissant mon imagination à son délire de rencontres inattendues. Mon petit côté bohème s'accommodait bien de cet agréable rêve, jamais je ne me sentirai une paria au pays des merveilles d'Alice. Une alouette grisolla, la bougresse était bien gironde, digne d'un bon pâté. Mon rêve, évanescent, s'effilocha doucement, inutile de m'y agripper, je savais qu'un autre bientôt repasserait m'inviter à m'y nicher comme au creux d'une couette douillette.

    Rêverie


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  • Terminons l'année avec Asphodèle, ses Plumes et ses mots : Espoir, guimauve, comédie, musique, plage, liaison, mièvre, baragouinage, égalité, classique, chanson, inspiration, balai, (essuie-glace : facultatif), navet, louche, roman, abracadabrantesque (facultatif), amoureux(se) et batifoler.

    C'était un beau roman, c'était une belle histoire comme le disait la chanson. Sur une musique "chabada, bada" ils s'élançaient sur la plage, amoureux,  prêts à batifoler et à entamer une liaison qu'ils espéraient loin d'un navet de comédie mièvre.

    Maintenant, il faut pourtant bien avouer qu'elle rêvait qu'il lui serve une belle louche de guimauve classique. Seulement voilà, lui, au nom de l'égalité des sexes avait l'espoir qu'il ne serait pas obligé de chercher trop loin l'inspiration pour un baragouinage sentimental et abracadabrantesque.

    En bref, leurs amours n'allaient peut-être pas tarder à prendre un bon coup de balai, les mauvaises habitudes ont la peau dure et les dépoussiérer n'est pas donné à tout le monde.

     

     


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  • Sur le thème "Echapper" Asphodèle et ses belles plumes, a collecté les mots suivants : belle, gardien, lapin, destin, envolée, fermer, souffle, partage, quitter, s’abstraire, voyage, cavale, réchapper, chose, respirer, poète, nid, rêve, vie, doux, fugue, oiseau, imaginer, balles, poudre,  bercé.

     

    J'ai trouvé cet amusant mot valise chez Quichottine et je viens de m'en servir dans un atelier d'écriture. J'ai trouvé que ce thème allait bien avec les mots d'Asphodèle, j'ai donc réécrit mon texte pour intégrer ses mots.

    C'est le remue-ménage dans le village. Le Turlu des fontaines a encore frappé, c'est ce que dit Monsieur le Maire.

    Ce charmant et doux gardien des fontaines est un poète qui adore partager sa conception colorée du monde. Il passe son temps à imaginer le meilleur moyen d'apporter un peu de rêve dans la vie des humains. Il estime que c'est là son destin. Il aime donc régulièrement quitter le nid qu'il partage avec ses amis, un oiseau et un lapin, fidèles auxiliaires qui se chargent de le transporter.

    C'est ainsi que, depuis quelques temps, grâce à ses bons soins l'eau du robinet a pris une belle teinte jaune. Certes, c'est gai, mais il faut reconnaître que ce n'est franchement pas idéal, parce que non contente d'être jaune, cette eau jaunit tout ce qu'elle baigne. Le linge bleu sort vert de la machine à laver, le blanc jaune, le rouge orange, etc, etc.

    Bon, les habitants ont fini par s'y faire ça permet de faire des économies de teinture, ça met un peu de peps dans la vie, ça aide à s'abstraire du quotidien. Manger des pâtes et du riz jaune, bon à la rigueur on peut se dire que la cuisinière a mis trop de poudre de safran. Mais le problème c'est pour la toilette, lorsque vous vous retrouvez avec la peau et les cheveux jaunes canari, poussin, layette ou couleur balle de tennis, ça peut faire désordre pour ceux qui quittent le village pour travailler ou partir en voyage.

    Monsieur le Maire a donc décidé de fermer la source qui alimente le village et de faire venir l'eau de la ville, bref la chose à ne pas faire. Le Turlu, très mécontent a hésité, devait-il partir en cavale, faire une fugue ? Il a finalement décidé de frapper un grand coup. Il  s'est glissé dans le château d'eau, il a respiré un bon coup et son souffle magique a mis la pagaille, et quelle pagaille. L'eau a viré au noir et le village, lui, a sombré dans la neurasthénie. Sous la pression de ses concitoyens, Monsieur le Maire, dans une envolée lyrique a fait amende honorable auprès du Turlu. Pas rancunier, celui-ci a attribué à chaque jour une couleur de l'arc-en-ciel. Et le village est à nouveau bercé par la joie de vivre.

    Je n'ai pas réussi à caser réchapper. 388 mots

    Le Turlu des fontaines

     


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  • Nouvelle moisson de mots pour les Plumes de notre amie Asphodèle qui avait été contrainte de nous abandonner, mais la voici de retour bon pied, bon œil, avec cette série de mots à caser : Frissonner, vide, humeur, plume, embellir, enfin, sommeil, drogué, impasse, poésie, torture, plénitude, trop-plein, youpi, énergie, absence, temps, dénuement, bol, idée, déchirement, bus, besoin, rationner,  abandonné.

    Petite plume trop secouée par le vol de l'oiseau était tombée dans le vide, pleine de sommeil elle n'avait pas eu le temps de mieux s'accrocher. Elle s'était sentie abandonnée la pauvrette et son humeur s'en était ressentie. Après un bref moment d'absence durant lequel elle tenta de se faire à l'idée qu'elle était désormais séparée de ses sœurs, elle se dit qu'elle n'était pas la première, ni la dernière, à laquelle un tel déchirement était imposé, il allait lui falloir faire face à ce brusque dénuement, comme le drogué en cure de désintox se retrouve brutalement rationné. D'un naturel optimiste et pleine de détermination, elle refusa de baisser les barbules.

    Bon, enfin, il fallait se reprendre et vérifier où elle risquait d'atterrir, elle n'avait pas l'intention de terminer dans un vieux bol ébréché au fin fond d'une impasse sordide, après avoir vécu sur le dos d'un oiseau, cela manquerait singulièrement de poésie, et ce serait une vraie torture que de voir sa blancheur ternie.

    Passait par là un petit vent nouveau-né qui ressentait le besoin de se faire des amis. Il était rempli d'un trop-plein d'énergie qui le faisait frissonner d'anticipation à l'idée de surfer au milieu des nuages. Il croisa la petite plume, très étonné par la taille de ce qu'il pensait être un minuscule nuage, il arrêta de souffler le temps d'examiner cette drôle de chose blanche.

    La petite plume, entraînée par l'appel d'air d'un bus qui passait par là, tourneboulait sans pouvoir s'arrêter, elle avait la tête qui tournait et n'était pas loin des larmes.

    Le petit vent, n'écoutant que son bon coeur s'interposa et souleva la petite plume. Il lui siffla doucement à l'oreille des compliments sur la beauté de sa robe et voulu savoir quand elle allait pleuvoir, n'ayant pas envie de la perdre trop vite. La petite plume, ravie de cette rencontre qui embellissait son triste sort se hâta de le rassurer, elle n'allait pas disparaître de sitôt.

    Youpi, pensa le petit vent, j'ai trouvé une amie.

    Et depuis, leur rencontre, le vent et la plume vivent dans le ciel,  profitant de la plénitude de la liberté qui leur est offerte d'aller où bon leur semble.


     


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