• Autour du thème du silence, Asphodèle nous propose de plancher sur les mots suivants : Essentiel, réserve, regard, félicité, observer, musique, minute, nuit, agneau, son, muet, méditation, apaiser, angoissant, justesse, jacaranda, jouer.

     

    Conférence

     

    "Bonjour et bienvenue à cette conférence surprise que vous ne pourrez que juger essentielle à votre culture. Je vous remercie d'ailleurs pour votre présence et j'espère que mon sujet vous fera sortir de votre réserve. Observer un rien de méfiance est d'une parfaite justesse, mais ne vous alarmez pas, je ne vous considère pas comme l'agneau conduit au sacrifice et je tenterai, tant que faire se peut de contenter votre légitime curiosité. Installez-vous donc confortablement.

    Mon propos ne manquera pas de vous apaiser, voire peut-être même de vous plonger dans une méditation profonde, ce qui n'aura rien d'angoissant je vous le garantis. Vous resterez muets tant la musique de mots vous apportera de félicité. Dans le même temps, les images que je vous projetterai sauront jouer avec votre regard. Et lorsque vous sortirez dans la nuit profonde, le son de ma voix continuera à vous accompagner.

    Après ce préambule, ne perdons plus une minute voulez-vous ?

    J'ai le plaisir de vous présenter le Jacaranda : Règne ; Plantae - Sous-règne ; Tracheobionta – Division ; Magnoliophyta – Classe ; Magnoliopsida - Sous-classe ; Asteridae – Ordre ; Scrophulariales – Famille ; Bignoniaceae - Classification APG III Angiospermes, Dicotylédones vraies, Noyau des Dicotylédones vraies, Astéridées,  Lamiidées - Ordre ; Lamiales – Famille ; Bignoniaceae – Tribu ; Jacarandeae".

    Dans l'assistance, c'est la consternation ! Qui osera se lever le premier pour prendre ses jambes à son cou avant de plonger dans une profonde léthargie ?

     

    Conférence

     

     


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  • Pour la Communauté des Croqueurs de motsEnriqueta à la barre nous demande de raconter une histoire en prose (de préférence) qui commence par : “j’ai trouvé dans ma bibliothèque” ou qui finisse par “je ne suis pas bibliothécaire” (ou les deux). Aujourd'hui je ne vais rien inventer, seulement profiter de cette entrée en matière pour vous présenter un de "vieux livres" que j'ai l'occasion de croiser tous les jours au travail. Donc :

    J'ai trouvé dans ma bibliothèque (bon enfin la bibliothèque du travail mais on ne va pas chipoter !) un calepin. Oui un calepin, mais attention pas n'importe quel calepin ! Non, LE CALEPIN, le vrai, l'unique, le premier de son espèce.

    Il répond au charmant petit nom de "Ambrosii Calepini Dictionarium octolingue, in quo latinis dictionibus hebraeae, graecae, gallicae, italicae, germanicae, hispanicae atque anglicae adjectae sunt. Recensuit, defaecavit auxitque multum Johannes Passeratius".

    Bon, là je vous sens un peu perdus, en gros ce titre parfaitement barbare encore que latin signifie grosso modo "Dictionnaire octolingue d'Ambroise Calepin. Dictionnaire en Latin, Hébreu, Grec, Français, Italien, Allemand, Espagnol, Anglais" ce qui fait bien 8 langues.

    Celui que j'ai eu le plaisir de voir passer est un vieux monsieur né en 1609, mais le vrai Calepin est encore plus âgé 1509, excusez du peu.

    Maintenant pour tout dire, je pense que les gens de l'époque avaient de très grandes poches où alors étaient des géants, parce que mon petit calepin, autant le dire mesure 38 centimètres de haut pour 25 de large et 12 d'épaisseur, côté poids, oh dans les 4 ou 5 kilos, bref on est loin de l'ouvrage que l'on peut consulter tranquillement couché dans son lit, sauf si on veut se faire les muscles ou se retrouver écrabouillé par la connaissance.

    Pour en savoir plus sur Ambroise, clic ici.

    Et pour vous prouver que je n'invente rien, voilà un extrait de ce dictionnaire très complet avec tout ce que vous vouliez savoir sur la manière d'écrire le verbe écrire.

    Et bien sûr le petit calepin en question. Non seulement j'ai un travail passionnant au milieu des livres, mais en plus je suis payée pour me muscler !

     

     

     


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  • Pour le défi d'Asphodèle, les mots à caser cette semaine : Séparation, revoir, froid, embrasser, larmes, famille, fête, ripaille, allégresse, bilan, amour, quai, adieu, joie, ami, inquiétude, irréparable, intensément.

     

     

     J'ai fait court mais histoire de corser les choses, j'ai laissé les mots dans l'ordre proposé.

    Après cette si longue séparation, qu'il est bon de la revoir.  Dans le froid il est si doux d'embrasser ses joues mouillées de larmes. Pour la famille, ce retour est signe de fête. Ce soir, il y aura ripaille. Dans l'allégresse, chacun tirera le bilan de ses amours. Sur le quai, on laisse derrière soi les derniers adieux. La joie des retrouvailles est une amie qui fait oublier l'inquiétude d'une séparation que l'on croyait irréparable. Vivre maintenant, intensément, l'instant du retour de la fille prodigue.

     

    Retrouvailles

     


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  • Les mots d'Asphodèle pour cette semaine : Tendresse, peau, solidarité, incompréhension, mosaïque, regard, amour, handicap, souffrir, tolérance, dispute, similitude, solitude, séparation, complémentaire, richesse, éloignement, étranger, égal, déranger, combattre, hagard, herbage, horrifiant.

    L'enfant dieu prit le kaléidoscope du monde. Le moment était venu pour lui d'observer la mosaïque mouvante de l'homme.  Il allait devoir décider si ce jouet était encore en état de fonctionner ou s'il allait devoir le nettoyer, comme d'autres avant lui.

    Le seau rempli d'eau attendait.

    Il secoua doucement le petit objet, les images se formèrent et s'enchaînèrent les unes après les autres.

    Tendresse, peau contre peau sur le vert d'un herbage.

    Dispute yeux hagards.

    Regard d'amour.

    Incompréhension face au handicap.

    Séparation, solitude.

    Etranger complémentaire.

    Etranger à combattre.

    Richesse horrifiante.

    Souffrir de l'éloignement.

    Tolérance zéro.

    Solidarité mise à mal.

    Ne pas déranger.

    Femme égale Homme, fariboles.

    Similitude, contradiction.

    L'enfant dieu prit sa décision, il considéra le seau d'eau puis le globe qui tournait devant lui. Il posa le kaléidoscope et …

    Là je vous laisse choisir le déluge ou la survie !

     

    Va-t-il continuer à jouer ?

     

     


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  •  

    Domi a pris la barre de la coquille de noix des Croqueurs de Mots. J'ai profité du thème proposé par Eglantine Lilas pour ressortir un texte déjà écrit. Bon, il me semble qu'il colle à peu près et puis ça va me donner l'occasion de me mettre un coup de pied en fesse en m'enrôlant à bord de la coquille et en ressortant clavier et crayon pour des textes inédits ensuite.

    Vous visitez Le Louvre, c’est la fin de journée et fatigué (e) vous vous asseyez un moment sur un banc, devant le tableau de la Joconde qui vous interpelle...non, non vous ne tombez pas en syncope !

    Ouais, eh ben, mine de rien c'est drôlement fatigant pour les zygomatiques le sourire énigmatique !

    Mais c'est Léonard qui m'a demandé de sourire comme ça vu que mes dents ne sont pas vraiment bien rangées, et à mon époque, l'orthodontie ça n'existait pas et le dentifrice Ultra Brite blancheur non plus.

    Bon trêve de palabres installons nous confortablement , les visiteurs arrivent.

    Et ça y est les réflexions fusent

    "Ah je le croyais plus grand ce tableau" Le Sacre de Napoléon mon petit vieux c'est à côté.

    "Oh t'as vu elle est toute craquelée" Ouais, ben toi ma belle on verra à quoi tu ressembleras dans 500 ans.

    "T'as lu Da Vinci Code, ben il paraît qu'elle était mariée au Christ" Ouille, toi tu ferais bien de le lire toi-même le bouquin

    Tiens le japonais qui essaye de me prendre en photo en douce, hop un clin d'œil, j'en connais un qui va être surpris en arrivant à Tokyo.

    Heureusement qu'il y a une barrière sinon je suis sûre que les gamins me colleraient leur chewing gum sur la glace ou me dessineraient des moustaches, ils s'enquiquinent les mômes que voulez-vous les musées c'est pas forcément leur truc, eh puis pour bien me voir de près, il ne faut pas être pressé.

    En tout cas, vivement ce soir que je sorte de ce cadre étriqué et que j'aille m'éclater avec les copines et les copains.

    Ca vous étonne de m'entendre parler comme ça, c'est sûr, c'est pas très renaissance, mais depuis que le monde défile devant moi j'en apprends des choses et dans toutes les langues en plus, et en plus j'ai quasiment l'éternité devant moi.

    Ah une dernière chose avant d'essayer de me concentrer sur mes admirateurs. Mon sourire énigmatique, ce n'est pas uniquement une question de dentition. Figurez-vous qu'il faisait chaud quand il m'a peinte l'ami Léonard et comme je gigotais et que ça énervait le maître, j'ai donc eu le droit à une bassine d'eau fraîche avec des essences florales. Bon sang ce que ça faisait du bien d'agiter les orteils là-dedans et puis c'était plutôt marrant de me dire que les gens qui allaient venir admirer le tableau se demanderaient d'où me venait ce sourire. Eh bien maintenant vous le savez, c'est en réalité un sourire de doux contentement.


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