• Voilà le prénom rigolo de la semaine pour la Cour de récré de Jill Bill.

    Bon autant le dire tout de suite, le délire qui va suivre est en grande partie dû à Peut-être qui m'a donné une idée avec le commentaire qu'il a très gentiment déposé chez Clotilde.

    Otto est le très respecté propriétaire de l'agence "Otto ton toit", oui je sais ça fait bizarre en bouche, mais peut-être a-t-il été un peu influencé par une certaine chanson même s'il s'est un peu mélangé les pinceaux avec les lettres. Mais bon, là n'est pas notre propos. 

    Quelle est donc l'activité d'Otto ?

    Cela me paraît évident. Otto est agent immobilier.

    Mais attention, pas un agent immobilier pour humains, autant le dire je ne crois pas qu'une telle agence est prête à s'implanter à Bigorbourg, les nouveaux arrivants empruntent une filière spéciale qu'ils ne comptent pas divulguer pour le moment.

    En revanche, le petit peuple et les animaux ont souvent envie de bouger et c'est là que notre ami Otto intervient.

    Otto est un vrai pro, capable de dénicher sur terre, dans les airs (enfin dans les arbres) ou sous l'eau, LE petit coin de vos rêves. Celui qui offrira confort et sécurité.

    Il a ainsi à son actif :

    Une pomme bien planquée pour Monsieur Ver.

    Un petit coin sans trop de passage de grands pour Madame Araignée.

    Un creux d'arbre avec vue imprenable sur un beau noisetier pour la famille Ecureuil.

    Un studio cercle de fée (entendez par là un cercle de 3 champignons, oui bon d'accord c'est plutôt un triangle) pour une belle demoiselle fée prête à prendre son envol dans la vie.

    Un abri souterrain plein de coins et de recoins pour la famille Lapin qui prospère.

    Une bibliothèque remplie de livres pour un papillange amateur de lecture (tiens je me demande si nous allons le revoir celui-là ?).

    Les grandes poches d'un épouvantail (qui ne fait peur à personne) pour les lutins en visite.

    Un arbre bien feuillu dans lequel les chenilles pourront faire leur cocon en toute tranquillité.

    Le rebord creusé d'une fontaine pour abriter Mademoiselle Grenouille.

    La pierre plate au milieu de la rivière qui servira de pouponnière pour les poissons.

    Un amusant vieux tronc plein de trous accueillera volontiers une troupe de souris remuantes.

    Il a même réussi à sortir d'une maison un beau coquillage dans lequel a pu se réfugier un escargot dont la coquille venait d'être endommagée.

    Un hallier idéal pour que les daims se cachent.

    L’endroit le plus ensoleillé pour les lézards.

    Et je ne parle pas des rebords de toits inaccessibles aux chats (qui ne font pas partie de la clientèle d'Otto, ils savent très bien se débrouiller pour circonvenir les deux pattes) et aux humains où les hirondelles se sont installées.

    Bref, Otto est capable de trouver l'occasion en or et en faire profiter celle ou celui qui s'y sentira le mieux.

    Il faut dire qu'avec sa belle fourrure marron, son museau moustachu, ses grands yeux luisants et vifs, son rire communicatif (si, si il rit), son corps souple qui sait se faufiler partout pour explorer, il a tout pour que ses clients lui fassent confiance.

    Ah oui, vous vous demandez comment il est payé pour son travail ! En fait, il ne demande aucune commission, la recherche d'habitats pour ses amis est un jeu pour lui, et cela lui suffit. C’est un grand enfant.http://pixabay.com/static/uploads/photo/2012/10/09/02/52/otter-60262_640.jpg

    Et quand la journée est terminée, il rentre se reposer dans la confortable catiche qu'il s'est creusée sous la rive de l'Olive. Bref, une vie bien remplie et pleine de jeux pour cette belle loutre !

    Pourquoi Otto, est-il une loutre, tout simplement parce qu'en bricolant sur internet j'ai découvert qu'Otto la loutre avait été la mascotte de jeux paralympiques de Salt Lake.


    32 commentaires
  • Prénom classique dans la Cour de Récré de Jill Bill aujourd'hui.

    Sylvère, le fleuriste es-plantes en pot de Bigorbourg est aux 400 coups.

    Il vient d'apprendre qu'une autre fleuriste avait l'intention de s'installer à Bigorbourg.

    Ce n'est pas tant la concurrence qu'il craint, mais la venue d'une personne qui va maltraiter les fleurs, les cueillir !!! Ce qui est absolument inimaginable pour lui, cueillir des fleurs, les faire volontairement souffrir, causer leur mort prématurée. Non, non et non ! Hors de question !

    Voilà donc plusieurs jours que le pauvre Sylvère se ronge les ongles en suivant les travaux d'installation de la future boutique de fleurs.

    D'ailleurs, qu'il est de mauvais goût ce magasin ! Un endroit qui va accueillir les 1000 couleurs de la nature devrait être sobre, jouer sur l'uni, sur le passe-partout, du blanc, du beige enfin une teinte neutre qui mettrait en valeur les pensionnaires. Mais non ! C'est Wallis, cette sacrée hippie qui s'occupe de l'église qui s'est attelée à la tâche de décorer l'endroit.

    Inutile donc de préciser que les couleurs se côtoient, se mêlent, voire s'entrechoquent !

    Et voilà qu'un jour, un gros camion accompagné d'une petite voiture multicolore s'arrêtent devant le magasin qui arbore une enseigne au nom un peu énigmatique "Clotilde, fleurs sur-mesure".

    Comme si des fleurs pouvaient être domestiquées. "Du grand n'importe quoi" pense Sylvère en épiant la demoiselle qui sort de la voiture.

    Elle est accueillie par le cri de joie d'une Wallis qui lui saute au cou, une Wallis qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la nouvelle venue.

    Sylvère comprend mieux les choix des couleurs de la boutique, "telle sœur, telle sœur" se dit-il goguenard.

    Le camion déverse tout un bric-à-brac coloré que ne renierait pas Monsieur Balthazar le propriétaire du bazar.

    Sylvère attend avec appréhension l'arrivée des malheureuses fleurs torturées, mais rien. Enfin, si une multitude de vases de formes et de couleurs aussi diverses que variées sont installés dans la devanture par les deux sœurs.

    Bon, les fleurs arriveront sûrement demain. Sylvère se promet de revenir surveiller dès que possible.

    Et le lendemain, des fleurs magnifiques tout aussi extraordinaires que les vases qui les accueillent trônent dans la boutique. Il a beau tendre l'oreille, il n'entend aucun cri de souffrance, bizarre, très bizarre. Alors, il se décide, traverse la rue et entre d'un pas qu'il espère ferme chez la jeune fleuriste. Un petit carillon guilleret l'accueille et là, surprise !

    Derrière le comptoir la charmante Clotilde assemble … des fleurs en papier blanc !

    Sylvère en reste bouche bée, ses yeux font l'aller retour entre ces fleurs toutes bêtes et celles somptueuses déjà installées.

    Un rire doux comme un pétale de fleur le ramène sur terre.

    "Ne vous en faites pas, cher monsieur, mes fleurs ne souffrent pas et ne meurent pas"

    "Mais, mais, mais"bêle Sylvère.

    A nouveau le rire et quelques explications complémentaires.

    Clotilde sort de dessous le comptoir une petite bouteille, elle en extrait une tige prolongée d'un anneau et souffle dedans. Une bulle de savon s'envole et vient se poser sur la fleur blanche qui prend aussitôt de merveilleuses couleurs chatoyantes.

    "Vous voyez ! Ici, ni les fleurs, ni les bulles de savon ne disparaissent, elles deviennent autres, simplement !".

    Sylvère est conquis par ce talent inédit et ces étranges fleurs caméléons et dès le lendemain, il arrive, touthttp://organiser-anniversaire.fr/wp-content/uploads/2010/02/bulles_de_savon.jpg rougissant et tend à Clotilde un superbe cactus en pot, je sais, je sais, ça manque peut-être de romantisme, mais Sylvère est ainsi fait et, aux dernières nouvelles, cela semble plaire beaucoup à Clotilde.

    Quant aux Bigorbourgeois, ils peuvent décorer leurs intérieurs de fleurs parfaitement en harmonie avec leurs souhaits sans faire souffrir personne, que demander de plus.


    42 commentaires
  • Jill Bill ne nous a pas loupés cette semaine avec son prénom pour sa Cour de Récré !

     

    Bien, alors lançons-nous !

    Je crois bien qu'aujourd'hui mon histoire va commencer par être un peu triste, ce n'est pas moi qui décide vous le savez bien, ce sont mes doigts et mon clavier qui se mettent au service de Bigorbourg.

    Habitaient dans notre petit bourg il y a longtemps deux frères, des jumeaux. L'un s'appelait Marcel et l'autre André.

    Comme beaucoup de jumeaux, ils faisaient rigoureusement tout de la même façon, sauf écrire, l'un était gaucher, l'autre droitier (il semblerait que ce soit le cas de 20 % d'entre eux, dits jumeaux en miroir). C'était d'ailleurs le seul moyen qu'avaient leurs proches pour les différencier, enfin, c'est ce qu'ils pensaient parce que ces deux coquins finirent par trouver le coup pour devenir ambidextres.

    Inutile de dire qu'ils en profitèrent largement pour faire tourner leur monde en bourrique.

    Il finit par arriver quelque chose de fort surprenant. Un beau jour, ils ne surent plus qui était Marcel et qui était André ! Bref, c'était encore pire qu'avec des frères siamois, parce que les siamois, celui qui est à gauche y reste, même chose pour celui qui est à droite, impossible de les confondre !

    Lorsqu'on appelait l'un ou l'autre, les deux répondaient. Ce qui n'était pas sans poser de menus problèmes. A l'école, l'instituteur ne savait pas qui il notait.

    Lorsqu'ils allèrent au régiment (à l'époque ça existait encore), ils faisaient les corvées de pluches ensemble, l'adjudant après les avoir envoyés plusieurs fois "au trou" avait préféré ne pas insister, ce qui était plus prudent pour sa santé.

    Ils choisirent le métier de bûcheron, très pratique reconnaissez-le, chacun à un bout de la scie !

    En revanche, ils ne purent trouver chaussure à leur pied, les jeunes filles finissant par ne plus savoir de qui elles étaient amoureuses. Peut-être que s'ils étaient tombés sur des jumelles, ce problème aurait-il été réglé, mais internet et ses sites de rencontres n'existait pas encore non plus.

    Hélas, un jour, quelque chose grippa dans cette belle mécanique. L'un des jumeaux mourut, laissant l'autre coupé en deux.

    Tout Bigorbourg se serra autour du survivant, essayant de le détourner de son immense peine ! Hélas, il se laissait dépérir et le village commença à craindre le pire.

    Mais, rassurez-vous, nous sommes à Bigorbourg et il y traîne toujours un petit grain de folie et de magie.

    Un matin, le Ju sans son Meau se rendit auprès d'Irénée le grand chêne roi de la forêt. Désespéré, il s'allongea sous son feuillage, espérant que peut-être la mort viendrait le cueillir pendant son sommeil.

    Mais Irénée ne l'entendait pas de cette oreille (petite plaisanterie stupide pour alléger l'atmosphère, ce chêne n'était pas dur de la feuille, je sais, je sais, c'est pas terrible) et comme les jumeaux, tout bûcheron qu'ils aient été, avaient toujours su respecter les arbres, s'excusant de devoir prendre une vie et la remplaçant par de jeunes pousses, il décida de lui faire un cadeau.

    Au réveil, lorsqu’il se leva il se sentit bien, très bien même. C’était très surprenant, lui qui traînait comme une âme en peine depuis le départ de son double.

    Qu’avait bien pu faire Irénée ?

    Notre jumeau esseulé compris bientôt lorsqu’il vit son ombre le saluer, une ombre toute petite comme celle d’un enfant, une ombre qui avait peut-être bien des ailes, une ombre qui l’enveloppait d’amour fraternel, qui lui parlait à l’oreille, lui répondait lorsqu’il parlait tout seul. Une ombre qui parfois ne marchait pas devant ou derrière lui, mais bel et bien à côté de lui.

    Irénée le beau chêne lui avait rendu l’amour et la complicité de son frère. Notre jumeau devenu philosophe pu ainsi attendre sereinement le moment de retrouver définitivement son autre moitié d’orange.

    Mais Marcande, vous interrogez-vous, quand va-t-il apparaître ? Voyons vous venez de lire son histoire ! Marc(el)And(ré), leur deux prénoms, imbriqués comme eux, ne forment-ils pas le prénom Marcande ?http://1.bp.blogspot.com/-jFotega6K84/Tfe90v9dxsI/AAAAAAAAIhI/UnZaUOs8zkI/s400/jumeaublog1289500874.jpg D’ailleurs, à Bigorbourg, ce mot est devenu un nom commun qui est utilisé lorsque deux personnes sont proches comme des jumeaux.

     

    Mon histoire est un petit hommage à mon oncle et parrain Marcel et à mon père André qui, s'ils n'étaient pas jumeaux, n'en étaient pas moins très proches. Où qu’ils soient je les embrasse très fort.


    30 commentaires
  • Pour ce prénom plutôt classique choisi par Jill Bill pour sa Cour de Récré, j'ai opté pour un métier très classique également, même si peu apprécié !

    Si je vous dis :

    "J'veux pas y aller, y va me faire mal ! "

    "J'aurais pas dû y aller, j'avais pas mal avant !"

    "S'il me fait mal, je le mords !"

    "Je m'en fiche qu'il faille y aller tous les 6 mois pour le contrôle, j'irai pas !"

    Pas besoin de vous faire un dessin, vous avez tous deviné ce métier, si redouté, est bien celui de dentiste, et je ne parle même pas des réflexions induites par certains appareils dentaires adolescents ou par les râteliers de nos grands-parents !

    Eh bien, figurez-vous qu'une représentante de cette profession difficile vient de s'installer à Bigorbourg. Je me suis permis de la recruter car je tiens beaucoup à la santé bucco-dentaire de mes petits personnages ! (Et puis à noter que ce prénom signifie "couronne", nous sommes d'accord, dans l'antiquité les couronnes en céramique ne devaient pas être monnaie courante, mais comme vous le savez bien maintenant j'aime détourner les choses !). 

    Bon revenons à nos moutons, à savoir l'installation d'Etiennette dans un cabinet flambant neuf.

    Fraîchement émoulue de son école de dentisterie, Etiennette attend de pied ferme son premier client … qui se fait attendre. Les bigorbourgeois ne sont pas plus courageux face au dentiste que le commun des mortels (et comme dit l'humoriste Alex Métayer, il y a trois choses que l'on ne peut pas regarder en face : la mort, le soleil, le dentiste !).

    Certes, ils y vont aussi, mais la plupart du temps c'est contraints et forcés lorsqu'une dent fait trop mal ou qu'un plombage a décidé de prendre la tangente. Et là bien sûr, comme tout le monde, ils râlent parce qu'ils ne peuvent pas être reçus tout de suite (si, si, avouez, ça m'étonnerait bien que vous n'ayez pas fait le coup au moins une fois !).

    Manque de chance pour Etiennette, en ce moment tout le monde semble avoir des dents à haute résistance, un surplus de fluor peut-être !

    Bref, la pauvrette est fort marrie et se demande si elle ne va pas être obligée de fermer boutique. Elle confie son désarroi à Madame Thècle, autour d'une assiette de gâteaux et d'une bonne tasse de chocolat.

    Marguerite la productrice de lait (enfin la propriétaire de la véritable productrice de lait, la vache Marguerite, si vous ne vous souvenez pas d'elles, c'est ici), Achille le bibliothécaire et Paterne le curé du village, sont aussi en train de profiter des menus plaisirs proposés par Madame Thècle, ils en profitent pour s'intéresser à la conversation, tandis qu'au plafond plane Prudence l'ange gardienne de Bigorbourg qui profite d'une petite pause dans son sacerdoce (même devenue un être purement spirituel, elle aime encore venir admirer et respirer les douceurs de la vie terrestre). 

    Tous sont désolés pour cette jeune personne bien sympathique en dépit de son métier.

    La fine équipe décide donc de passer à l'acte.

    Dans les jours qui suivent :

    Les gâteaux de Madame Thècle sont un tantinet trop sucrés (et le sucre agace les dents), les glaces chouia trop froides (et le froid ce n'est pas terrible non plus pour les quenottes et les gencives).

    Marguerite la vache, dûment informée par son amie à deux pattes, n'hésite pas à montrer à tous sa belle dentition bien blanche. Les bigorbourgeois sont d'ailleurs un peu interloqués par cet étrange sourire.

    Achille le bibliothécaire met en valeur dans sa bibliothèque tous les livres qui parlent de près ou de loin de dents.

    Quant à notre curé et à Madame Thècle, ils se lancent vaillamment et prennent rendez-vous chez Etiennette, bref, ils payent de leur personne. Ce qui leur permet ensuite de faire l'éloge de la nouvelle venue auprès de leurs concitoyens.

    Ah ! Et Prudence ? Son rôle est fort ingrat et nul doute que l'archange Gabriel ne va pas être content, mais elle cache les brosses à dents, elle incite les habitants à manger caramel et nougat plus que de raison, elle envoie des rêves (plutôt des cauchemars) où les dents tombent comme les feuilles en automne.

    Ces divers assauts, certes un brin sournois, portent rapidement leurs fruits et le carnet de rendez-vous d'Etiennette se remplit de manière fort correcte au grand bonheur de la jeune femme.

    Et comme nous sommes à Bigorbourg, vous vous doutez bien qu'Etiennette a un atout supplémentaire dans son sac ou au bout de sa roulette si vous préférez (quant à savoir si elle le possédait avant d'arriver ou s'il n'est apparu que depuis qu'elle est devenue Bigorbourgeoise, ça c'est une autre affaire), mais il s'avère que ses soins sont réellement indolores. Lorsque le patient, un peu tendu, s'installe dans le fauteuil moelleux, il lui suffit de plonger,http://3.bp.blogspot.com/_RSwcsm6AaAA/TT9_QG3xsWI/AAAAAAAAAAQ/QgkOmkSSyyM/s220/dent-souriante.jpg brièvement, les yeux dans ceux d'Etiennette pour que subitement le temps n'existe plus et il est tout étonné d'entendre, quelques brefs instants plus tard, la jeune dentiste lui annoncer que ça y est, c'est terminé !

    Bien sûr maintenant que le cabinet est bien lancé, gâteaux, glaces, vache, livres et rêves sont redevenus normaux et Gabriel n'a pas osé réprimander Prudence, Sainte-Apolline patronne des dentistes lui ayant rendu une visite "amicale".

     

     


    39 commentaires
  • Prénom du jour pour la Cour de Récré de Jill Bill. Wolf, cela signifie Loup, donc je ne me suis pas trop cassé la tête.

    Aujourd’hui c’est mercredi, Aubain et Liroli n’ont pas classe alors ils ont décidé de faire un petit tour chez Achille, histoire de voir si de nouveaux livres ne seraient pas arrivés à la bibliothèque.

    Ils sont en train de farfouiller avec délices dans les grands tiroirs à roulettes pleins d’albums aux belles couleurs lorsque tout à coup, ils lèvent le nez et regardent autour d’eux.

    « Tu as entendu ? » demande Aubain à sa petite camarade

    Liroli, notre petite chinoise comprend maintenant très bien le français même si parfois elle a encore un peu de mal à trouver ses mots.

    « Oui, ça pleut ! »

    Aubain sourit et la reprend gentiment « Non, ça pleure ! »

    Pleine de bonne volonté, Liroli reprend « Ca pleut des larmes ! »

    Installé derrière la banque d’accueil Achille sourit. Il aime entendre les enfants pépier dans sa bibliothèque.

    Aubain se lève et tend la main à Liroli.

    « Viens, on va voir ce qui se passe »

    Et voilà les deux enfants qui se faufilent entre les grandes bibliothèques qui semblent s’enfoncer sur des kilomètres.

    Ils tendent l’oreille, effectivement quelqu’un sanglote un peu plus loin.

    Tout doucement, ils s’avancent à pas de loup, les pleurs sont de plus en plus proches.

    Là, juste derrière ce rayonnage, ils voient l’ombre de quelqu’un assis par terre, la tête dans les mains, les épaules qui se soulèvent au rythme des sanglots et une queue qui s’agite fébrilement.

    Une queue ???

    Liroli serre un peu plus fort la main d’Aubain, une queue ? Voilà qui est très étrange.

    Les enfants risquent un œil et là, il découvre un loup, un petit loup tout noir qui sanglote désespérément.

    Nos jeunes amis, ayant déjà eu l’occasion de croiser Pacôme le loup du garde-chasse et baby sitter de Philibert, ne se sentent pas effrayés du tout, en dépit de l’incongruité de la présence de cet animal dans une bibliothèque.

    Ils s’accroupissent devant lui et Aubain interroge.

    « Qu’est-ce que tu as ? Tu as mal ? »

    « Noooon » hulule le petit loup.

    « Tu as perdu quelque chose ? Tu es perdu ? »

    « Noooon » reprend le louveteau.

    « Alors qu’est ce que tu as ? »

    « Je suis maaaalllheureeeuuux »

    « Pourquoi ? »

    « Persooooonne ne m’aiiime » hoquette le jeune loup et relevant le museau et en les fixant de ses grands yeux jaunes.

    « Comment ça, personne ne t’aime ? »

    Le petit loup renifle un grand coup (et comme il a un long nez ça fait du bruit). Il désigne un rayonnage.

    « Regardez, les livres, ils disent que des méchaaannncetééés sur noouuuss les looouuuuups ! »

    « Mais non, mais non, je suis sûr que non » affirme Aubain

    « Si, ooooouuuu on est méchant ooouuuuu on est idioooot ! »

    Aubain et Liroli se regardent, flûte, c’est vrai que dans les histoires qu’ils ont entendu les loups ont rarement, voire jamais le beau rôle.

    « Mais nous on te trouve très beau et on t’aime déjà ! Hein Liroli ? »

    « Oui, on te looove déjà » opine la fillette.

    Les grands yeux jaunes scintillants de larmes les fixent plein d’espoir.

    « C’est vrai vooous voooulez bien être mes coopains ? »

    « Mais bien sûr voyons, on voit bien que tu n’es pas méchant »

    Le jeune loup leur sourit de toutes ses dents, ce qui quand même, il faut le reconnaître, est un spectacle un peu inquiétant.

    « Au fait » demande Aubain « tu sors d’où ? »

    « Je ne sais pas, il y avait une voix qui répétait Wolf, Wolf et brusquement je me suis retrooouuvé au milieu de toouuus ces méchants livres ».

    Liroli regarde le loup avec beaucoup de sérieux et affirme « Joli Wolf, ton nom ».

    « C’est mooon noom, tu crois ? » il réfléchit un instant « Ouuui tu as raison, j’aime bien »

    Liroli et Aubain prennent donc Wolf par la main et l’entraînent vers l’entrée.

    Wolf, un peu intimidé se fait un peu tirer l’oreille.

    « Viens, voyons, Achille ne vas pas te manger ».

    Achille est effectivement très heureux d’accueillir un nouveau pensionnaire dans sa bibliothèque.

    Très sérieux, Aubain explique le problème du pauvre Wolf, la persécution anti-loup qui perdure dans la littérature.

    Achille comprend bien le problème et réunit son état-major, à savoir son aide-bibliothécaire Anastasie, Annette la conteuse et Filémon l’aide-conteur. Après un « brain-storming » aussi intense que productif, il est décidé qu’Anastasie allait reprendre ses grands ciseaux et découper tous (enfin presque tous, il ne faut quand même pas exagérer n’est-ce pas, comme il y a de méchants deux pattes, il peut aussi y avoir de vilains loups) les passages http://mamacascadeuse.m.a.pic.centerblog.net/9h1noz8h.jpgoù les loups sont mis à mal, et zou Messieurs de la Fontaine, Perrault, Grimm et consorts, une petite taille rafraîchissante. Ensuite Annette et Filémon s’attacheraient, quant à eux, à réécrire un peu les histoires.

    Wolf est tout content, il vient de se faire des amis et il est prêt à faire de gros câlins à tous les futurs pro-loups qui viendraient lui rendre visite à la bibliothèque, il est même d’accord pour raconter lui-même les histoires.

    Liroli et Aubain sont très satisfaits de leur journée et attendent avec impatience que leurs parents leur lisent un conte sur les loups ce soir avant de dormir.

    Maintenant, ne vous en faîtes pas, en dehors de Bigorbourg, le Petit Chaperon Rouge est toujours une aussi sale gamine !


    37 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique